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La dyslexie
• Qu'est-ce que la dyslexie?
• La dyslexie : comment s’y retrouver
et la comprendre
Article paru dans la revue " Rendez-Vous
" de l’Association Québécoise des Troubles
d’Apprentissage (AQETA) et rédigé par l’équipe
de CENTAM
Qu'est-ce que la
dyslexie?
Une personne est identifiée comme étant dyslexique
s’il y a un écart d’au moins deux ans entre son
‘âge’ de fonctionnement intellectuel et son ‘âge’
en lecture (déterminé selon la vitesse et/ou l’exactitude
de la lecture), sans que cet écart puisse être expliqué
par un trouble intellectuel, un trouble sensoriel (acuité
visuelle ou auditive), ou un manque d’opportunité éducatives.
La dyslexie est un trouble spécifique de la lecture dont
la cause est neurologique et qui est héréditaire.
Parce que la dyslexie est un réel handicap qui a un impact
négatif sur le rendement académique, elle fait partie
d’une des causes principales des troubles d’apprentissage.
La dyslexie est une condition qui perdure toute la vie et pour laquelle
il n’y encore aucun traitement qui puisse entièrement
l’éliminer. Par contre, des études démontrent
que des individus aux prises avec certain type de dyslexie peuvent
grandement bénéficier de programmes de ré-éducation,
fondés sur des bases scientifiques, si ceux ci sont appliqués
avec rigueur. De plus, il y a de plus en plus de moyen qui sont
développés afin pallier aux difficultés associées.
Lorsque des accommodations sont mis en place par les institutions
d’enseignement, celles-ci permettent généralement
aux dyslexiques d’atteindre le succès escompté
sur le plan académique et dans leur carrière.
Les causes de la dyslexie
Même si la cause exacte de la dyslexie n’est pas encore
connue, plusieurs études suggèrent qu’elle aurait
une origine héréditaire et plusieurs liens ont été
fait à maintes reprises avec les chromosomes 2, 3, 6, 15,
et 18. En fait, le lien génétique est généralement
accepté au sein de la communauté scientifique.
De nombreuses études effectuées au cours de la dernière
décennie indique que la dyslexie relève d’une
atteinte neurologique. Les études qui nous permettrent de
filmer le cerveau lorsqu’il est en action (c.à.d.,
à l’aide de l’imagerie cérébrale
fonctionnelle) démontrent que les dyslexiques n’utilisent
pas les mêmes parties de leur cerveau lors de la lecture que
les personnes qui n’ont pas de troubles de lecture. En fait,
chez les dyslexiques, les parties du cerveau qui sont normalement
impliqués en lecture sont sous activés.
Quels sont les effets de la dyslexie?
L’impact de la dyslexie varie d’une personne à
l’autre, selon la sévérité et le type
de dyslexie, l’environnement (incluant l’attitude des
éducateurs, de l’employeur et du réseau personnel
de l’individu), et l’approche ré-éducative.
Chez les enfants, la dyslexie produit une lecture qui est très
difficile et désorganisée, qui peut perturber grandement
la compréhension du texte lu et parfois même la rendre
impossible. Les facteurs suivants caractérisent souvent la
lecture des enfants dyslexiques:
- la lecture est très lente;
- la lecture est hésitante (transformer les lettres en
sons ou décortiquer les mots en syllabes peut sembler un
défit insurmontable pour l’enfant);
- les mots dont la fréquence d’usage est moins grande,
sont lus encore plus lentement et de façon très
segmentée;
- les mots irréguliers (c.à.d., qui ne se lisent
pas aux sons, comme les mots femme et monsieur) ne sont pas lus
avec exactitude;
- les sons sont transformés (p. ex., on lit “ sev”
au lieu de “cheval”);
- les mots sont devinés à partir de leur apparence
visuelle (p. ex., on lit “jamais” au lieu de “j’avais”).
Les effets de la dyslexie chez l’adulte
Certaines de ses difficultés se retrouvent également
chez l’adulte. Mais la plupart du temps, si la lecture a été
pratiquée avec assiduité durant l’enfance et
l’adolescence, la lecture de l’adulte dyslexique se
fait avec une plus grande exactitude. Cependant, malgré une
meilleure précision, la lecture demeure pénalisée
par une grande lenteur et un manque de fluidité. L’adulte
dyslexique doit donc accorder beaucoup plus de temps et d’efforts
afin d’atteindre ces objectifs de lecture. Ceci s’avère
donc souvent être un exercice qui est épuisant et découragent.
La plupart des dyslexiques ont également des troubles de
mémoire à court-terme (la capacité de maintenir
actif en tête une certaine quantité d’information;
p. ex., en lecture, garder en tête le sens d’une phrase
que nous venons tout juste de lire en même temps que nous
lisons les phrases subséquentes). Chez certains types de
dyslexie, ce trouble est surtout de nature verbale alors que pour
d’autres ce trouble est surtout de nature visuelle. Les études
indiquent que de 10 a 30 % des personnes dyslexiques souffrent également
de déficits d’attention. En fait, plusieurs troubles
neuropsychologiques se retrouvent aussi chez certains dyslexiques
(la présence de ceux-ci varie grandement d’un individu
à l’autre, ce qui souligne l’importance d’une
évaluation neuropsychologique plus approfondie). Ces troubles
incluent donc:
- trouble de mémoire à court-terme verbale
- trouble de mémoire à court-terme nonverbale
- déficit de l’attention (soit sélective,
soutenue et divisée)
- dysorthographie (trouble de l’orthographe et de la grammaire)
- balayage et recherche visuels
- difficultés d’analyse séquentielle
- trouble des fonctions exécutives (planification et organisation)
- difficultés en arithmétique
Il y a trois types principaux de dyslexie
Avant d’aborder les types principaux de dyslexie il est important
de réviser certaines notions de base.
Afin de bien lire et d’orthographier les mots de notre langue
nous devons utiliser, et ce en parallèle, deux stratégies
différentes. La première est la correspondance graphème-phonème
(c’est-à-dire, connaître les sons qui correspondent
aux lettres et aux unités de mots). Ces mots qui se lisent
comme ils sont écrits, sont ce que nous appelons des mots
réguliers (p. ex., papa, matin, bonjour, cheval, porte et
classe). En fait, une bonne maîtrise de ces règles
de correspondance nous permet de bien lire et d’orthographier
tous les mots réguliers, même ceux que nous entendons
pour la première fois. Cette façon de lire ou d’orthographier
correctement aux sons est également connue sous l’appellation‘voie
phonologique’.
Cependant, il y a plusieurs mots qui ne se lisent pas et ne s’orthographie
pas comme nous les entendons (p. ex., bien, soeur, femme, monsieur,
citoyen, saison, et synonyme). Ces mots dits irréguliers
ne font pas appel à notre voie phonologique mais à
notre voie lexicale. Afin de les lire et les orthographier correctement
nous devons les emmagasiner dans une mémoire spéciale
(ou un catalogue) qui encode la forme orthographique des mots (ou
leurs images globales). Il est important de préciser que
cette mémoire visuo-spatiale est anatomiquement et fonctionnellement
différente de notre système de mémoire plus
générale (mémoire des faits, événements
et procédures).
A l’aide de ces notions de base nous pouvons maintenant mieux
comprendre les types principaux de la dyslexie:
Dyslexie de nature phonologique: Ce type de dyslexie implique
un trouble avec le décodage (ou la lecture) des sons qui
correspondent aux unités de mots. Le lecteur ne sait pas
toujours bien quel son correspond à certaines unités
de mots et n’est pas capable d’assembler certains groupes
de sons. Ceci fait en sorte que la lecture est très hésitante
et segmentée. Par contre, la lecture de mots irréguliers
est typiquement conforme aux attentes. Ce type de dyslexie se retrouve
chez environ 70 % des individus.
Dyslexie de nature lexicale: Ce type de dyslexie implique un trouble
avec la lecture des mots qui sont irréguliers. Ici le lecteur
a tendance à tout lire au son (par correspondance graphème-phonème).
Ce type de dyslexie se retrouve chez environ 10 % des individus.
Dyslexie de nature mixte: Ici le trouble est à la fois de
nature phonologique et lexicale. Ce type de dyslexie se retrouve
chez environ 20 % des individus.
La ré-éducation des dyslexies de type phonologique
et lexicale nécessite des approches différentes. Donc,
si on soupçonne qu’un enfant ou un adulte est possiblement
dyslexique, une évaluation complète permettra de préciser
la nature de la dyslexie ainsi que la possibilité de troubles
neuropsychologiques associés. En retour, ceci permettra d’orienter
les mesures d’interventions de façon appropriée.
La dyslexie : comment s’y
retrouver et la comprendre
Article paru dans la revue " Rendez-Vous
" de l’Association Québécoise des Troubles
d’Apprentissage (AQETA) et rédigé par l’équipe
de CENTAM
L’information qui est accessible au grand public, soit au
travers des médias ou d’Internet, présente rarement
un portrait clair et objectif de la dyslexie. En fait, les résultats
d’une simple recherche sur Internet amènent souvent
plus de confusion que d’éclaircissement. Il y a très
peu de consensus entre les différentes sources d’information.
Parfois elles relient la dyslexie à un trouble visuel, d’autres
fois à un trouble affectif qui naît d’une relation
tumultueuse entre la mère et l’enfant ou encore à
un programme éducatif qui n’est pas à la hauteur
des besoins de l’enfant. Il devient alors très difficile
pour les parents et aussi parfois même pour les enseignants,
de s’y retrouver et de faire la part entre la réalité
et la fiction. Nos connaissances scientifiques sur la dyslexie ont
énormément évolué depuis les 15 à
20 dernières années. En fait, ce n’est que depuis
l’apparition des études « à grande échelle
» et de l’arrivée de mesures scientifiques plus
précises telles que l’imagerie cérébrale
que nous avons un portrait plus clair et uniforme de la dyslexie.
Malheureusement, plus souvent qu’autrement, le portrait qui
nous est présenté par les médias et que nous
retrouvons sur Internet, reflète les anciennes notions qui,
pour la plupart, ont été réfutées par
la science. De fait, jusqu’au milieu des années 80,
nos connaissances sur la dyslexie provenaient soit de très
petites études (c’est à dire, moins de 10 participants)
ou de présentations de cas (description des caractéristiques
d’un seul patient). De plus, les critères diagnostiques
utilisés étaient souvent très vagues.
Qu’est-ce que la dyslexie?
Les recherches intensives menées depuis les 2 dernières
décennies nous permettent maintenant de comprendre que la
dyslexie est un trouble spécifique de la lecture d’origine
neurologique et qui est héréditaire. La manifestation
principale de la dyslexie est le manque de fluidité de la
lecture. Il y a deux facteurs principaux qui peuvent perturber la
fluidité de la lecture : la précision et la vitesse.
La dyslexie est donc un trouble qui ce manifeste par une lecture
qui est imprécise et/ou lente.
Durant le primaire, la majorité des dyslexiques n’arrive
pas à lire avec précision. Ces enfants éprouvent
de très grandes difficultés à déchiffrer
les sons qui correspondent aux lettres qui sont imprimées
devant eux. De nombreuses études scientifiques ont révélé
que les mécanismes neurologiques qui permettent aux enfants
de faire la correspondance entre les lettres (c’est à
dire les graphèmes) et les sons (c’est à dire
les phonèmes) ne fonctionnent pas adéquatement. Dans
les cas plus légers, ceci peut faire en sorte que la lecture
soit hésitante, segmentée et parsemée de petites
erreurs (e.g., l’enfant lira ‘poison’ au lieu
de ‘poisson’). Dans les cas plus modérés,
plusieurs sons peuvent être confondus, transformés
et souvent même omis (l’enfant peut lire ‘majin’
au lieu de ‘machine’, ‘vallion’ au lieu
de ‘avion’). Il arrive souvent également que
l’enfant devine les mots à partir de leur enveloppe
globale ou leur silhouette (e.g., l’enfant lit ‘j’avais’
au lieu de ‘jamais’). Il va sans dire que ceci ralenti
non seulement la lecture, mais peut souvent la rendre presque incompréhensible
pour l’enfant. Cependant, avec un programme d’entraînement
intensif et structuré, qui est adapté aux besoins
de chaque enfant, le trouble de précision peut être
surmonté. Ces programmes doivent viser le développement
de la conscience syllabique et phonologique, et promouvoir un entraînement
régulier de la lecture.
Cependant, malgré un entraînement rigoureux durant
l’enfance et l’adolescence, qui permet une lecture avec
une plus grande exactitude, la dyslexie demeure, et ses effets perturbateurs
se manifestent par une importante lenteur. En effet, la lecture
ne parvient jamais à s’automatiser, et c’est
ce qui peut faire en sorte que le lecteur dyslexique peut être
de 2 à 3 fois plus lent que le bon lecteur. Dans ce cas,
la personne aux prises avec une dyslexie doit accorder beaucoup
plus de temps afin d’atteindre ses objectifs de lecture. Par
exemple, l’étudiant dyslexique prendra de 6 à
8 heures pour lire ce que ses pairs arriveront à lire en
3 heures. Ceci s’avère donc être non seulement
très décourageant mais aussi très épuisant.
En fait, parce que la lecture n’est pas automatisée,
elle nécessite beaucoup plus d’effort de la part du
lecteur. C’est pour cela que les dyslexiques qui arrivent
à lire avec exactitude, sont tout de même très
épuisés après seulement quelques heures de
lecture.
Quels sont les trois types de dyslexie?
Avant d’aborder les principaux types de dyslexie, il est
important de réviser certaines notions de base.
Afin de bien lire et bien orthographier les mots de notre langue,
nous devons utiliser, et ce en parallèle, deux stratégies
différentes : La première est la correspondance
graphème-phonème (c’est-à-dire,
connaître les sons qui correspondent aux lettres et aux unités
de mots). Les mots pour lesquels cette stratégie «
phonologique » est efficace sont les mots dits « réguliers
» (e.g., papa, matin, bonjour, cheval, porte et classe). En
fait, une bonne maîtrise des règles de correspondance
nous permet de bien lire et bien orthographier tous les mots réguliers,
même ceux que nous voyons pour la première fois.
Cependant, il y a plusieurs mots pour lesquels cette stratégie
de lecture se révèlerait inappropriée. Ce sont
les mots dits « irréguliers », qui, comme leur
nom l’indique, présentent une irrégularité
(e.g., bien, sœur, femme, monsieur, citoyen, saison, et synonyme).
Ces mots dits irréguliers ne font pas appel à la stratégie
phonologique mais à une stratégie « lexicale
». Afin de les lire et les orthographier correctement nous
devons les emmagasiner dans une mémoire spéciale (ou
un catalogue) qui encode la forme orthographique des mots (ou leurs
images globales). Il est important de préciser que cette
mémoire visuo-spatiale est anatomiquement et fonctionnellement
différente de notre système de mémoire plus
générale (mémoire des faits, événements
et procédures).
A l’aide de ces notions de base nous pouvons maintenant mieux
comprendre les principaux types de la dyslexie:
Dyslexie de nature phonologique: Ce type de dyslexie
implique un trouble lié au décodage (ou la lecture)
des sons qui correspondent aux unités de mots. Le lecteur
ne sait pas toujours quel son correspond à certaines unités
de mots et n’est pas capable d’assembler certains groupes
de sons. Ceci fait en sorte que la lecture est très hésitante
et segmentée. Par contre, la lecture de mots irréguliers
est typiquement conforme aux attentes (la procédure lexicale
est intacte). Environ 70% des dyslexiques ont un trouble de cette
nature.
Dyslexie de nature lexicale: Ce type de dyslexie implique un trouble
en lecture des mots qui sont irréguliers. Ici le lecteur
a tendance à décoder, donc, à tout lire au
son (par correspondance graphème-phonème). Environ
10% des dyslexiques ont un trouble de cette nature.
Dyslexie de nature mixte: Ici le trouble est à
la fois de nature phonologique et lexicale. Environ 20% des dyslexiques
ont un trouble de nature mixte.
La rééducation des dyslexies de type phonologique
et lexicale nécessite des approches différentes. Donc
une évaluation complète permettra de préciser
la nature de la dyslexie ainsi que la possibilité de troubles
neuropsychologiques associés. En retour, ceci permettra d’orienter
les mesures d’intervention de façon appropriée.
Qu’est-ce qui cause de la dyslexie?
Plusieurs études indiquent que la dyslexie est héréditaire.
Elle serait programmée dans notre code génétique.
Premièrement, il y a de 15 à 20 % des personnes dans
la population générale qui sont dyslexiques. Cependant,
la probabilité d’être dyslexique monte à
50% si un de nos parents est dyslexique et elle grimpe à
70 % si on a un jumeau ou une jumelle identique qui est dyslexique.
Deuxièmement, plusieurs traits de la dyslexie (tels que le
trouble de conscience phonologique et la lenteur de lecture) ont
été retrouvés sur certains gènes des
chromosomes 2, 3, 6, 15 et 18.
De nombreuses études effectuées au cours de la dernière
décennie indiquent que la dyslexie relève d’une
dysfonction neurologique. Les études qui nous ont permis
de filmer le cerveau lorsqu’il est en action (i.e. à
l’aide de l’imagerie cérébrale fonctionnelle)
démontrent que les dyslexiques n’utilisent pas les
mêmes parties de leur cerveau lors de la lecture que les personnes
qui n’ont pas de troubles de lecture. En fait, chez les dyslexiques,
on remarque que les parties du cerveau qui sont normalement impliquées
en lecture sont sous-activées.
Quels sont les critères diagnostiques
permettant d’identifier la dyslexie?
Les critères qui permettent d’identifier le trouble
spécifique de la lecture (communément connue sous
l’appellation dyslexie) sont établis par l’Association
américaine de Psychiatrie (AAP) et sont publiés dans
le manuel diagnostic DSM-IV-TR. L’AAP est formé d’un
groupe d’experts nord-américains (chercheurs et de
cliniciens) qui se sont basés sur des données scientifiques
afin d’élaborer des critères diagnostiques précis.
Ces critères diagnostiques sont reconnus internationalement
par les autorités légales, scientifiques, médicales,
et cliniques (les communautés scientifiques et cliniques
européennes disposent de critères diagnostiques semblables
qui sont publiés dans le CIM-10).
Les critères permettant l’identification du trouble
spécifique de la lecture (communément connu sous l’appellation
‘dyslexie’) sont : un écart significatif (d’au
moins deux ans) entre le rendement intellectuel et les compétences
en lecture (précision et/ou rapidité) qui interfère
de façon significative avec la réussite académique
et les activités de la vie quotidienne qui nécessitent
la lecture. Ce trouble spécifique de la lecture ne peut s’expliquer
par a) une déficience intellectuelle, b) un trouble psychoaffectif,
c) un déficit sensoriel (vision et audition), d) un manque
d’opportunité éducative ou e) un manque de motivation
et d’intérêt. Donc, pour identifier une dyslexie,
il est nécessaire de faire l’analyse du portrait global
de l’enfant ou de l’adulte, incluant son cheminement
académique, son bilan intellectuel et son profil psychoaffectif.
Les seules personnes habilitées à faire cette analyse
globale sont les neuropsychologues ou psychologues spécialisés
dans l’évaluation des troubles d’apprentissage
(c’est à dire, qui ont les compétences requises
pour faire une évaluation des capacités intellectuelles,
des troubles affectifs et psychologiques ainsi que des compétences
académiques, incluant la lecture).
Quels sont les avantages d’avoir un
bilan complet en neuropsychologie ?
Un pourcentage important de dyslexiques présente également
d’autres troubles neuropsychologiques ou troubles d’apprentissage
(la présence de ceux-ci varie grandement d’un individu
à l’autre, ce qui souligne l’importance d’une
évaluation approfondie). S’ils ne sont pas identifiés,
ces troubles, qui co-existent avec la dyslexie, peuvent non seulement
amplifier les effets perturbateurs de la dyslexie mais aussi entraver
au programme d’intervention pédagogique s’ils
ne sont pas identifiés.
Ces troubles incluent donc:
- trouble de mémoire à court terme verbale
- trouble de mémoire à court terme non-verbale
- déficit de l’attention (qui co-existe chez 10 à
30% des dyslexiques)
- dysorthographie (trouble de l’acquisition de l’orthographe
d’usage et/ou grammaticale)
- trouble des fonctions exécutives (planification et organisation)
- difficultés en arithmétique
Alors, parce que la dyslexie est un réel handicap qui peut
avoir un impact négatif sur le rendement académique
et le fonctionnement professionnel, elle fait partie d’une
des causes principales des troubles d’apprentissage. Il faut
aussi se rappeler que la dyslexie est une condition qui perdure
toute la vie et qu’il n’y a encore aucun traitement
qui puisse l’éliminer. Cependant, des études
démontrent que les individus aux prises avec une dyslexie
de type phonologique (voir plus haut) peuvent bénéficier
de programmes de rééducation, fondés sur des
bases scientifiques, si ceux ci sont appliqués avec rigueur.
Il y a également de plus en plus d’accommodations qui
peuvent être mises en place par le milieu scolaire (accommodations
dans la classe et lors des évaluations), dans le cadre du
plan d’intervention adapté, afin de permettre aux dyslexiques
de surmonter certains obstacles à leur l’apprentissage.
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