Le trouble de déficit de l’attention
avec ou sans hyperactivité
Les critères qui permettent d’identifier le trouble
de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité
(TDA/H) sont établis par l’Association Américaine
de Psychiatrie (DSM-IV-TR®, 2000) ainsi que par l’Organisation
mondiale de la santé (ICD-10, 2003). Il s’agit d’un
groupe d’experts (formé de chercheurs et de cliniciens)
qui se fondent sur des données scientifiques afin d’élaborer
une série de critères diagnostiques précis.
Le TDA/H est un trouble d’origine neurologique. Il n’est
donc pas causé par un retard intellectuel, un déficit
sensoriel (trouble de la vision ou de l’audition), des problèmes
sociaux, un manque de volonté ou un manque de motivation
de la personne qui en est atteinte. Ce trouble n’est pas non
plus attribuable à une éducation inadéquate
des parents, à une immaturité passagère ou
à un trouble affectif. Par conséquent, un seul effort
de la part de l’enfant ou de l’adulte confronté
à un tel trouble ne peut l’éliminer ou le corriger.
Le TDA/H est un trouble chronique qui perdure toute la vie. Selon
un recensement de la littérature scientifique, il y aurait
entre 3 à 12 % d’enfants et d’adultes qui seraient
aux prises avec le TDA/H.
Qu’est-ce que le trouble de déficit
d’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)?
Le TDA/H est un regroupement de symptômes qui cause une perturbation
significative du fonctionnement relationnel (social et familial),
académique et/ou professionnel. En fait, il y a trois sous-groupes
majeurs du TDA/H :
1) Trouble prédominant d’inattention
Les personnes aux prises avec un déficit d’attention
éprouvent de la difficulté à demeurer attentifs
sur une même tâche (p. ex., écouter en classe,
faire les devoirs, faire de la lecture, suivre une conversation)
pour une longue période de temps (15 minutes et plus). Leurs
idées se laissent plus facilement transporter dans leur rêverie.
Ces enfants et adultes sont également facilement distrayables
par l’environnent qui les entoure (p. ex., les bruits d’une
voiture, d’un crayon qui tombe part terre, ou le tic-tac d’une
horloge).
2) Trouble prédominant d’hyperactivité-impulsivité
Hyperactivité : Les personnes ayant un trouble
prédominant d’hyperactivité-impulsivité
ont de la difficulté à rester en place. Ils bougent
constamment les pieds et/ou les mains, se tortillent sans cesse
et il est ardu pour eux de rester assis, de jouer ou d’exécuter
des tâches calmement. Ceci fait qu’ils se lèvent
souvent même lorsqu’ils sont dans une situation où
la tranquillité est requise (p. ex., en classe, lors d’une
réunion…). Ils peuvent également éprouver
de la difficulté à arrêter de parler. En fait,
ces personnes peuvent même parfois donner l’impression
d’être socialement immatures.
Impulsivité : Ces individus accomplissent leurs
tâches trop rapidement et souvent sans réfléchir.
Aussi, ils débutent très souvent les activités
sans avoir pris le temps d’écouter ou de lire toutes
les consignes et ils ont du mal à attendre leur tour (p.
ex., dans la conversation, dans les jeux, dans une file d’attente).
Ces personnes se plaignent également que leurs paroles dépassent
parfois leur pensée.
3) Trouble prédominant d’inattention et d’hyperactivité-impulsivité
Ces personnes manifestent à la fois des symptômes
d’inattention et d’hyperactivité-impulsivité.
L’origine du trouble de déficit
de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)
Le TDA/H est un trouble neurodéveloppemental, c’est
à dire, qui est d’origine neurologique. Plus précisément,
il est relié à un déséquilibre neurochimique
des régions du cerveau qui sont impliquées dans le
contrôle de soi, le maintien de la vigilance (c.à.d.,
demeurer alerte) et de l’attention. Jusqu'à présent,
un nombre important d’études suggère une cause
héréditaire. De plus, le TDA/H peut aussi survenir
à la suite d’une encéphalite, d’un traumatisme
crânien ou d’une naissance prématurité.
Le TDA/H et le trouble d’apprentissage.
Le TDA/H est une cause importante des troubles d’apprentissage
et peut aussi causer des difficultés importantes d’intégration
sociale (tant à l’école que dans le milieu de
travail). Selon la gravité et la nature du déficit,
le TDA/H peut occasionner un retard important des acquis scolaires,
tel que par exemple, l’apprentissage de la lecture, de l’écriture
et des mathématiques. En fait, l’attention est une
des portes d’entrée principales de l’apprentissage.
Si l’apprenant (l’enfant ou l’adulte) ne porte
pas attention, il ne pourra pas recevoir, traiter et analyser, comprendre
et mémoriser l’information. De fait, un enfant qui
a un TDA/H peut passer à côté de certains acquis
scolaires de base qui sont nécessaire pour l’intégration
de nouvelles connaissances. Ceci peut faire en sorte que si le TDA/H
n’est pas correctement identifié et qu’un programme
d’intervention adapté n’est pas mis en place,
la personne performera sous son potentiel réel.
Malheureusement, il y a encore un nombre important d’enfants,
d’adolescents et même d’étudiants universitaires
qui éprouvent de la difficulté à suivre le
rythme scolaire à cause d’un TDA/H, sans que ce trouble
ne soit formellement identifié. En fait, plusieurs de ces
personnes passent inaperçues car le trouble de déficit
d’attention est trop souvent perçu comme un manque
de volonté ou d’intérêt. Il y en va de
même pour les travailleurs qui n’atteignent pas leur
plein rendement.
Le rôle de la neuropsychologie dans
l’identification du trouble de déficit d’attention
avec ou sans hyperactivité (TDA/H).
1) A l’aide d’une série d’entrevues structurées
et de questionnaires qui tiennent compte des critères établis
par l’Association Américaine de Psychiatrie et l’Organisation
mondiale de la santé (DSM-IV-TR et ICD-10), le neuropsychologue
doit identifier les symptômes de l’inattention et/ou
de l’hyperactivité-impulsivité dans au moins
deux milieux différents de la vie quotidienne (p. ex., à
la maison, à l’école ou au travail). De plus,
il faut s’assurer que certains des symptômes étaient
présents avant l’âge de 7 ans et surtout qu’ils
ne soient pas causés par un retard intellectuel,
un trouble psychiatrique ou un trouble affectif. Néanmoins
il est important de souligner qu’un trouble affectif ou psychiatrique
peut co-exister avec un TDA/H.
2) Une fois que le trouble de déficit de l’attention
avec ou sans hyperactivité-impulsivité est formellement
identifié, une évaluation complète en neuropsychologie
permettra de préciser la nature du déficit d’attention.
Il est important de comprendre qu’il y a plusieurs composantes
de l’attention. Celles-ci jouent un rôle essentiel dans
l’apprentissage ainsi que dans le déroulement de diverses
activités de la vie de tous les jours. Chez les personnes
atteintes d’un TDA/H, certaines des composantes ou sous composantes
de l’attention peuvent être déficitaires alors
que d’autres peuvent bien fonctionner. Il est donc important
d’identifier les différents aspects qui sont déficitaires
car ces derniers peuvent nécessiter des interventions différentes.
Les différentes composantes de l’attention qui peuvent
être déficitaires incluent :
a) l’attention sélective : ceci est
notre capacité d’orienter notre attention sur l’information
pertinente (p. ex., regarder en avant de la classe) et ne pas se
laisser distraire par les stimuli non pertinents.
b) l’attention soutenue : ceci est la capacité
de maintenir notre attention sur une même cible ou une même
tâche (p. ex., écouter l’enseignante, lire ou
faire ses devoirs) pour une longue période de temps.
c) l’attention divisée : ceci est
notre capacité de faire au moins deux choses à la
fois (p. ex., écouter l’enseignante et suivre l’exercice
dans notre cahier).
L’évaluation va également permettre de préciser
le fonctionnement de chacune de ces composantes tant dans le domaine
verbal que non-verbal.
3) L’évaluation approfondie en neuropsychologie permettra
aussi d’identifier d’autres troubles qui peuvent se
retrouver également chez les gens qui ont un TDA/H, mais
qui seraient autrement passés inaperçus.
a) Le trouble déficitaire d’attention peut affaiblir
de façon générale la réussite scolaire.
Il est important de déterminer si les difficultés
académiques vécues par l’enfant sont reliées
au déficit d’attention ou si elles sont associées
à un trouble d’apprentissage tel la dyslexie ou d’autres
troubles neuropsychologiques. Ce diagnostic différentiel
est d’autant plus important compte tenu que les études
scientifiques indiquent qu’environ 50% des personnes atteintes
de dyslexie ont aussi un trouble déficitaire de l’attention.
b) Syndrome dyséxecutif ou trouble de planification et d’organisation
(c.à.d., les fonctions exécutives) : Un nombre élevé
de personnes ayant un trouble déficitaire d’attention
peuvent avoir également des difficultés d’ordre
exécutif, qui est un trouble d’apprentissage en soit.
Par exemple, ils peuvent avoir de la difficulté à
se structurer et à s’organiser lors de différentes
tâches, que se soit pour faire leurs devoirs, planifier leur
horaire, ou bien gérer leur temps. Donc, le diagnostic différentiel
en neuropsychologie permettra de déterminer s’il y
a également présence d’un trouble des fonctions
exécutives ainsi que la nature de se trouble.
4) L’évaluation en neuropsychologie permettra finalement
d’élaborer un programme d’intervention adapté
aux besoins spécifiques de l’étudiant et de
l’orienter vers les intervenants et les ressources appropriées.
D’une part, le neuropsychologue présentera des interventions
pour mieux contrôler le trouble déficitaire de l’attention,
et ce tant à la maison, à l’école qu’au
travail. D’autre part, il proposera des interventions axées
sur les difficultés qui sont secondaires au déficit
de l’attention (p. ex., retard académique).
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